Le docteur fit un geste de doute.
—N'importe, vous comprendrez tout seul alors. Nous nous étions rapprochés de M. Ledru, et, pour ma part, j'écoutais avidement: cette question de la peine de mort appliquée, soit par la corde, soit par le fer, soit par le poison, m'ayant toujours singulièrement préoccupé comme question d'humanité. J'avais même de mon côté fait quelques recherches sur les différentes douleurs qui précèdent, accompagnent et suivent les différents genres de mort.
—Voyons, parlez, dit le docteur d'un ton incrédule.
—Il est aisé de démontrer à quiconque possède la plus légère notion de la construction et des forces vitales de notre corps, continua M. Ledru, que le sentiment n'est pas entièrement détruit par le supplice, et, ce que j'avance, docteur, est fondé, non point sur des hypothèses, mais sur des faits.
—Voyons ces faits.
—Les voici: 1° le siège du sentiment est dans le cerveau, n'est-ce pas?
—C'est probable.
—Les opérations de cette conscience du sentiment peuvent se faire, quoique la circulation du sang par le cerveau soit suspendue, affaiblie ou partiellement détruite.
—C'est possible.