—Si donc le siège de la faculté de sentir est dans le cerveau, aussi longtemps que le cerveau conserve sa force vitale, le supplicié a le sentiment de son existence.

—Des preuves?

—Les voici: Haller, dans ses Éléments de physique, t. IV, p. 55, dit:

«Une tête coupée rouvrit les yeux et me regarda de côté, parce que, du bout du doigt, j'avais touché sa moelle épinière.»

—Haller, soit; mais Haller a pu se tromper.

—Il s'est trompé, je le veux bien. Passons à un autre. Weycard, Arts philosophiques, p. 221, dit: «J'ai vu se mouvoir les lèvres d'un homme dont la tête était abattue.»

—Bon; mais de se mouvoir à parler...

—Attendez, nous y arrivons. Voici Sommering; ses oeuvres sont là, et vous pouvez chercher. Sommering dit:

«Plusieurs docteurs, mes confrères, m'ont assuré avoir vu une tête séparée du corps grincer des dents de douleur, et moi je suis convaincu que si l'air circulait encore par les organes de la voix, les têtes parleraient