Corrientes combattait alors contre Rosas, et je devais l’aider dans ses mouvements contre les forces du dictateur. Peut-être l’expédition avait-elle un autre but, mais c’était le secret de M. le ministre général.

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Que l’on permette à celui qui publie ces Mémoires de donner aux lecteurs, sur l’état de la république de Montevideo en 1841, quelques explications que le général Garibaldi n’a pas cru devoir donner dans un journal écrit au jour le jour.

Ces explications seront d’autant plus exactes, qu’elles ont été dictées à celui qui les publie aujourd’hui, en 1849, par un homme qui a joué un grand rôle dans les événements de la république Orientale: par le général Pacheco y Obes, l’un de nos meilleurs amis.

Puis, soyez tranquilles, chers lecteurs, nous rendrons immédiatement la plume à cet autre ami, non moins bon, ayant nom Joseph Garibaldi.

Car, vous voyez que comme César, ce premier émancipateur de l’Italie, il manie la plume non moins bien que l’épée.


MONTEVIDEO

Lorsque le voyageur arrive d’Europe sur un des vaisseaux que les premiers habitants du pays prirent pour des maisons volantes, ce qu’il aperçoit d’abord, lorsque le matelot en vigie a crié: «Terre!» ce sont deux montagnes:

Une montagne de briques, qui est la cathédrale, l’église mère, la Matriz, comme on dit là-bas.