Ce genre de vie dura jusqu’à mon entrée dans la légion orientale.

La question de Rio-Grande commençait à s’établir et à s’arranger. Je n’avais plus rien à voir de ce côté. La république Orientale,—c’était ainsi que se nommait la république de Montevideo,—me sachant libre, ne tarda point à m’offrir une compensation plus en harmonie avec mes moyens, et surtout avec mon caractère, que celles de professeur de mathématiques et de colporteur d’échantillons.

On m’offrit et j’acceptai le commandement de la corvette la Constitution.

L’escadre orientale se trouvait sous les ordres du colonel Cosse; celle de Buenos-Ayres aux ordres du général Brown.

Plusieurs rencontres et plusieurs combats avaient eu lieu entre les deux escadres, mais ils n’avaient eu que de médiocres résultats.

Vers le même temps, un certain Vidal, de triste mémoire, fut chargé du ministère général de la République.

Un des premiers et des plus déplorables actes de cet homme fut de se débarrasser de l’escadre, qu’il disait trop onéreuse à l’État. Cette escadre, qui avait coûté d’immenses sommes à la République, et qui entretenue, comme la chose était facile alors, pouvait constituer une prééminence marquée sur la Plata, fut complétement détruite, et l’on en dilapida le matériel.

Je fus destiné à une expédition du résultat de laquelle devaient naître bien des événements.

On m’envoya à Corrientes, avec le brigantin de dix-huit canons le Pereyra. Il avait, outre ces dix-huit pièces d’artillerie, deux canons à pivot.

De conserve avec moi devait naviguer la goëlette Procida.