A Montevideo s’étaient réfugiés tous les partisans des Espagnols, appuyés d’une armée de quatre mille hommes. Artigas, soutenu par l’alliance de Buenos-Ayres, mit le siége devant la ville.
Mais une armée portugaise vint en aide aux Espagnols et débloqua Montevideo.
En 1812, nouveau siége de Montevideo. Le général Rondeau pour Buenos-Ayres, et Artigas pour les patriotes montevidéens, ont réuni leurs forces et sont revenus envelopper la ville.
Le siége dura vingt-trois mois; puis, enfin, une capitulation livra le siége de la future république Orientale aux assiégeants, commandés alors par le général Alvear.
Comment le général en chef était-il Alvear et non Artigas? Nous allons le dire.
C’est qu’au bout de vingt mois de siége, après trois ans de contact entre les hommes de Buenos-Ayres et ceux de Montevideo, les dissemblances d’habitudes, de mœurs, je dirais presque de race, qui avaient été d’abord de simples causes de dissentiment, étaient peu à peu devenues des motifs de haine.
Artigas, comme Achille, s’était donc retiré sous sa tente, ou plutôt il emportait sa tente avec lui. Il avait disparu dans ces profondeurs de la prairie, si bien connues de sa jeunesse, au temps qu’il faisait le métier de contrebandier.
Le général Alvear l’avait remplacé, et se trouvait, lors de la reddition de Montevideo, général en chef des Porteños.
C’est ainsi qu’on appelle dans le pays les hommes de Buenos-Ayres, tandis qu’on appelle les Montevidéens les Orientaux.
Tâchons de faire comprendre ici les différences nombreuses qui existent entre les Porteños et les Orientaux.