Il fallait donc mettre une barrière entre lui et les patriotes.

Un jour, un assassin en bonnet de juge se leva et dit:

—Il est temps de lui faire goûter le sang.

Le même jour, le roi Charles-Albert fut prévenu qu’un grand complot se tramait contre lui dans l’armée; ce complot, lui dit-on, avait pour but de le détrôner.

Les faits furent dénaturés, les périls exagérés; on attaqua toutes les fibres de l’homme et du prince pour lui donner ces ressentiments mortels, dont avaient besoin ces hommes qui s’intitulent les sauveurs des monarchies.

On dénonça, on mentit, on calomnia, et la soif du sang fut habilement éveillée dans le gosier royal[3].

[3] Brofferio, Histoire du Piémont.

Une commission criminelle extraordinaire fut créée à Turin, pour diriger par une impulsion unique tous les supplices du Piémont.

La première violation du code pénal fut cette décision de la commission, que tous les accusés, militaires ou non, seraient justiciables d’un conseil de guerre.

C’est alors que fut faite la réponse mémorable que l’on va lire.