Anita! chère Anita!

XX
EXPÉDITION A SAINTE-CATHERINE

Peu de chose, rien même d’important, n’arriva plus sur la lagune de los Patos après cet événement.

Nous mîmes en construction deux nouveaux lancions. Les éléments premiers s’en trouvèrent dans notre prise précédente; quant à leur confection, ce fut non-seulement notre affaire, mais aussi celle des habitants du voisinage, qui nous y aidèrent valeureusement.

Les deux nouveaux bâtiments terminés et armés, nous fûmes appelés à nous joindre à l’armée républicaine, qui assiégeait alors Porto-Allegre, la capitale de la province. L’armée ne fit rien et nous non plus ne pûmes rien faire pendant tout le temps que nous passâmes sur cette partie du lac.

Ce siége était pourtant dirigé par Bento Manoel, auquel tout le monde accordait à bon droit un grand mérite comme soldat, comme général et comme organisateur. Ce fut le même qui, depuis, trahit les républicains et passa aux impériaux.

On méditait l’expédition de Sainte-Catherine. Je fus appelé à en faire partie, et mis sous les ordres du général Canavarro.

Seulement il y avait une difficulté, c’est que nous ne pouvions pas sortir de la lagune, attendu que l’embouchure en était gardée par les impériaux.

En effet, sur la rive méridionale se trouvait la ville fortifiée de Rio-Grande du Sud, et sur la rive septentrionale San José du Nord, ville plus petite, mais fortifiée aussi. Or, ces deux places, ainsi que Porto-Allegre, se trouvaient encore au pouvoir des impériaux, et les faisaient maîtres de l’entrée et de la sortie du lac. Ils ne possédaient que ces trois points, il est vrai, mais c’était bien assez.

Cependant, avec des hommes comme ceux que je commandais, il n’y avait rien d’impossible.