L’Indien lança un regard de colère à Anzani, mais le regard d’Anzani rencontra le sien;—l’éclair avait croisé l’éclair.
Anzani avait l’habitude de dire:
—Il n’y a de force réelle que la force morale. Regardez hardiment, fixement et obstinément l’homme qui vous regarde;—s’il baisse les yeux, vous êtes son maître;—mais ne baissez pas les yeux, car alors c’est lui qui sera le vôtre.
Le regard d’Anzani avait une irrésistible puissance. Ce fut l’Indien qui baissa les yeux.
Il sentit son infériorité; et, furieux de cette domination inconnue, il voulut se donner du cœur en buvant.
—C’est bien, dit-il, voilà une demi-piastre, sers-moi.
—C’est mon état de servir les gens qui me payent, dit tranquillement Anzani.
Et il servit à l’Indien un verre d’eau-de-vie.
L’Indien l’avala.
—Un autre, dit-il.