—Et que veux-tu à boire?
—Un verre d’aguardiente.
—Rien de plus facile; paye d’abord, et je te servirai ton verre après.
L’Indien se mit à rire une seconde fois.
Anzani fronça légèrement le sourcil.
—Voilà, dit-il, la seconde fois qu’au lieu de me répondre, tu me ris au nez. Je ne trouve pas cela poli. Je te préviens donc que, si cela t’arrive une troisième fois, je te mets à la porte.
Anzani avait prononcé ces mots avec un accent de fermeté qui, à tout autre qu’un Indien, eût donné la mesure de l’homme auquel il avait affaire.
Peut-être le sauvage comprit-il, mais il eut l’air de ne pas comprendre.
—Je t’ai dit de me donner un verre d’aguardiente, répéta-t-il en frappant du poing sur le comptoir.
—Et moi, je t’ai dit de payer d’abord, répéta Anzani, ou sinon que tu n’aurais rien.