Son premier mot fut pour demander si je n’étais pas blessé.

—Je crois, répondit Ugo Bassi, que le général a reçu deux balles, l’une à la main et l’autre au pied; mais, comme il ne se plaint pas, probablement ses blessures ne sont pas dangereuses.

En effet, j’avais reçu deux égratignures, dont je ne m’occupai que le soir, quand je n’eus pas autre chose à faire.

Manara me raconta la scène à laquelle il venait d’assister.

—Est-ce qu’avec de pareils hommes, me demanda-t-il, nous ne pouvons pas essayer d’emporter Velletri d’assaut?

Je me mis à rire. Emporter, avec deux mille hommes et deux pièces de canon, une ville perchée, comme un nid d’aigle, au haut d’une montagne et défendue par vingt mille hommes et trente pièces de canon!

Mais tel était l’esprit de cette brave jeunesse, qu’elle ne voyait rien d’impossible.

J’envoyai de nouveaux messagers au quartier général. Si j’avais eu cinq mille hommes seulement, j’eusse tenté l’affaire, tant étaient grands l’enthousiasme de mes hommes et le découragement des Napolitains.

A droite de la porte, on voyait à l’œil nu une espèce de brèche dans la muraille; cette brèche était bouchée par des fascines, mais quelques boulets de canon l’eussent rendue praticable; des colonnes d’attaque, sous la protection d’arbres nombreux, semés aux flancs de la colline, pouvaient arriver jusqu’à cette brèche; les sapeurs de tous les corps, abattant les obstacles, eussent fait le reste.

Deux attaques simulées eussent protégé l’attaque principale.