Au lieu de cela, il fallut se contenter de laisser nos bersaglieri s’amuser à tirailler avec les hommes des remparts, tandis que, du couvent des capucins, deux régiments suisses faisaient sur eux un effroyable feu d’artillerie.
Enfin, le général en chef se décida à venir à mon secours avec toute l’armée; mais, lorsqu’il arriva, le moment favorable était passé. Comme je ne doutais pas que l’ennemi n’évacuât la ville pendant la nuit, ayant eu la nouvelle que le roi était déjà parti avec six mille hommes, je proposai d’envoyer un fort détachement du côté de la porte de Naples, et de peser sur le flanc de l’ennemi, au moment où il se retirerait en désordre; la crainte de nous affaiblir outre mesure empêcha ce plan d’être exécuté.
Vers minuit, voulant savoir à quoi m’en tenir, j’ordonnai à Manara d’envoyer un officier, avec quarante hommes dont il fût sûr, jusque sous les murailles de Velletri, jusque dans Velletri même, s’il était possible.
Manara transmit mon ordre au sous-lieutenant Émile Dandolo, qui prit quarante hommes, et qui s’avança, dans l’obscurité, du côté de la ville.
Deux paysans qu’il rencontra lui assurèrent que la ville avait été abandonnée.
Dandolo et ses hommes s’avancèrent alors jusqu’à la porte; aucune sentinelle ne la gardait.
Brisée par nos boulets, elle avait été barricadée. Les bersaglieri escaladèrent la barricade et se trouvèrent dans la ville.
Elle était bien réellement déserte. Dandolo fit quelques prisonniers qui s’étaient attardés, et, par eux et par les gens de la ville qu’il réveilla, il sut tout ce que j’avais besoin de savoir, c’est-à-dire qu’à peine la nuit venue, les Napolitains avaient commencé à se mettre en retraite, mais si précipitamment et avec un tel désordre, qu’ils avaient laissé la plus grande partie de leurs blessés.
Au point du jour, je me mis à leur poursuite; mais il me fut impossible de les rejoindre. D’ailleurs, pendant que j’étais sur la grande route de Terracine, je reçus l’ordre de me réunir à la colonne, dont moitié retournait à Rome, tandis que l’autre moitié était destinée à délivrer Frosinone des volontaires de Zucchi qui l’infestaient.
Ce fut ainsi que l’ennemi nous échappa, qu’une journée qui pouvait être décisive enregistra un simple avantage.