Un quart d’heure après, elle était reperdue et nous coûtait un sang précieux.
Marina, comme je l’ai dit, était blessé au bras; Nino Bixio avait reçu une balle dans le flanc; Daverio était tué.
Au moment où j’exigeais de Marina qu’il allât se faire panser, où je faisais emporter Bixio, Manara, qui était accouru du campo Vaccino, malgré les ordres contradictoires qu’il avait reçus, était déjà près de moi.
—Fais sortir tes hommes, lui dis-je; tu vois bien qu’il faut que nous reprenions cette bicoque.
Sa première compagnie, commandée par le capitaine Ferrari, ancien aide de camp du général Durando, était déjà déployée en tirailleurs hors de la porte Saint-Pancrace. Ferrari était un brave qui avait fait avec nous la double campagne de Palestrina et de Velletri; à Palestrina, il avait été blessé d’un coup de baïonnette à la jambe, mais il était guéri.
Manara fit sonner le rappel à son trompette; Ferrari rallia ses hommes et vint prendre les ordres de son colonel.
Il fit mettre la baïonnette au bout du fusil, fit sonner la charge et s’élança en avant.
Au moment où il arriva à la grille, c’est-à-dire à trois cents mètres du casino, une grêle de balles commença à pleuvoir sur lui et ses hommes.
Il n’en continua pas moins de s’avancer, tête baissée, sur la villa, qui grondait et jetait des flammes comme un volcan, lorsque son lieutenant Mangiagalli, le tirant par le bas de sa tunique, lui cria:
—Capitaine! mais, capitaine, vous ne voyez donc pas que nous ne sommes plus que nous deux?