—Eh bien, voici ce que je propose: au lieu de suivre l’allée et d’attaquer de front, nous nous glisserons, la compagnie Dandolo à gauche, la mienne à droite, derrière les haies de myrtes. Une pierre, jetée par moi à la compagnie Dandolo, lui apprendra que mes hommes sont prêts; une pierre, lancée de son côté, sera sa réponse; alors nos huit trompettes sonneront à la fois, et nous nous élancerons à l’assaut, du pied même de la terrasse.
—Faites comme vous voudrez, répondis-je, mais reprenez-moi cette bicoque.
Ferrari partit à la tête de sa compagnie, et Dandolo à la tête de la sienne.
Je les fis suivre par le capitaine Hoffstetter et par une cinquantaine d’étudiants, chargés d’occuper la maison de gauche dont j’ai déjà parlé, et qui fut plus tard connue sous le nom de la maison brûlée.
Au bout de dix minutes, j’entendis les trompettes et, presque aussitôt, la fusillade.
Voici ce qui se passait:
Les deux compagnies, protégées par les haies et par les vignes, avaient, en effet, pénétré, comme l’espérait Ferrari, sans être vues ni entendues, jusqu’à une quarantaine de pas de la terrasse.
Là, les signaux avaient été échangés, les trompettes avaient retenti, et mes braves bersaglieri s’étaient élancés à l’assaut.
Mais, de la terrasse, du grand salon du premier étage, de l’escalier circulaire qui y conduisait, de toutes les fenêtres enfin, un feu effroyable était sorti.
Dandolo avait été renversé, le corps traversé d’une balle; le lieutenant Sylva était blessé près du capitaine Ferrari; le sous-lieutenant Mancini recevait, presque en même temps, deux balles, l’une à la cuisse, l’autre au bras.