Et cependant, conduits par leur capitaine Ferrari, Dandolo étant tué, les bersaglieri, par un suprême effort, continuaient de marcher en avant; ils avaient escaladé la terrasse et repoussé les Français jusqu’à l’escalier circulaire de la villa.
Là moururent leurs efforts; ils avaient les Français à la fois de front et sur les flancs; on tirait sur eux presque à bout portant, et chaque balle renversait son homme.
Je les voyais s’acharner et tomber inutilement; je compris qu’ils se feraient tuer jusqu’au dernier sans résultat.
Je fis sonner la retraite.
J’avais deux mille hommes, les Français en avaient vingt mille; je prenais le casino Corsini avec une compagnie, ils le reprenaient avec un régiment.
C’est que, comme moi, les Français comprenaient parfaitement l’importance de la position.
Mes bersaglieri revinrent à moi; ils avaient laissé quarante morts dans le jardin de la villa; presque tous étaient blessés.
Il fallait attendre de nouvelles troupes.
J’envoyai Orrigoni et Ugo Bassi parcourir la ville, avec charge de m’envoyer tout ce qu’ils rencontreraient; je voulais, pour l’acquit de ma conscience, tenter un dernier, un suprême effort.
Je fis mettre les hommes à l’abri derrière le Vascello.