Le tir merveilleux de nos canons, pendant les journées des 25, 26 et 27 juin, fit taire les batteries élevées par les Français sur la courtine et les bastions occupés. Mais deux batteries françaises, l’une placée sur le bastion no 6 et l’autre hors des murs, ouvrirent le feu contre nos batteries de Sainte-Sabine et de Saint-Alexis. En outre, deux autres batteries placées, l’une sur la courtine et l’autre sur le bastion no 7, ouvrirent à leur tour le feu contre notre batterie de Saint-Pierre in Montorio.
Une cinquième batterie de brèche, placée au pied du bastion no 7 et, par conséquent, à couvert de notre feu, ouvrit le sien sur le flanc du bastion no 8. Une sixième batterie, placée devant l’église Saint-Pancrace, fouettait le bastion no 8 et mon quartier général, la villa Savorelli. Une septième batterie enfin, placée devant la villa Corsini, tonna à la fois contre la pointe Saint-Pancrace, contre la villa Savorelli et contre la muraille Aurélienne.
Je n’ai jamais vu une pareille tempête de flammes, une pareille grêle de mitraille.
Nos pauvres canons en étaient en quelque sorte suffoqués.
Et cependant, je ne puis dire que cela à l’éloge de Medici, le Vascello et les cassines étaient encore occupés.
Le siége du Vascello seul mériterait un historien.
Pendant la soirée du 28, les batteries françaises semblèrent se reposer un instant et reprendre haleine. Mais, dans la journée du 29, elles se remirent à tirer avec une nouvelle rage.
Rome était pleine d’un immense frémissement. La journée du 27 avait été terrible, nos pertes avaient été presque égales à celles du 3 juin. Les rues étaient jonchées d’hommes mutilés. Les travailleurs n’avaient pas plus tôt la pelle ou la pioche à la main, qu’ils étaient coupés en deux par les boulets ou mutilés par les obus.
Tous nos artilleurs, tous, entendez-vous bien, avaient été tués sur leurs canons. Le service de l’artillerie était fait par des soldats de la ligne.
Toute la garde nationale était sous les armes. Il y avait, chose inouïe, une réserve composée de blessés qui, tout ensanglantés, faisaient le service. Et, pendant ce temps, admirable contraste, calme et impassible, l’Assemblée, en permanence au Capitole, délibérait sous les boulets et les balles.