Le capitaine continuait de parler; j’étais si triste, que je ne pus lui répondre qu’en le priant de me laisser entrer dans l’église.
—Qu’allez-vous y faire? me demanda-t-il.
—J’y vais chercher le cadavre d’un autre ami, déterré aujourd’hui même, et rendu par les vôtres à la douleur de sa mère.
Il envoya demander la permission au colonel, l’obtint, et me confia au gardien de l’église pour qu’il me laissât entrer.
L’église était très-obscure; le gardien ouvrit une petite porte qui conduisait du couvent dans le chœur de l’église, me donna une lampe, et, me montrant un coin sombre, me dit:
—Cherchez là.
Seulement, il ne voulut pas me suivre plus avant.
Je m’approchai tristement et pieusement, avec un frisson dans toutes mes veines.
Ce silence, ces ténèbres, la douteuse lueur de cette lampe, le précieux objet de mes recherches, l’angoisse de retrouver ainsi le charmant jeune homme que j’avais connu vivant, tout cela faisait battre mon cœur à me briser la poitrine.
J’allais doucement, ne connaissant pas les localités, ne sachant pas la place où était déposé le cadavre, soulevant ma lampe et tremblant de le heurter du pied.