Il va sans dire que je lui rendis la liberté sans lui faire aucun mal, lui laissant, pour toute punition, la peur qu’il avait eue en me reconnaissant.

Gualeguaychu fut abandonnée: ce n’était pas une position tenable; mais elle paya une bonne contribution en argent, en habits, en armes.

Enfin, après une foule de combats et d’aventures, nous arrivâmes, avec l’escadre, au lieu dit le Salto, parce que l’Uruguay forme en ce lieu une cataracte, et n’est plus navigable au-dessus de cette cataracte que pour les petites barques.

Le général Lavalleja, qui occupait le pays, l’abandonna dès notre arrivée, forçant tous les habitants à le suivre.

Le pays, au reste, était parfaitement approprié au but de l’expédition, ne se trouvant pas trop loin de la frontière.

Je résolus de nous y établir.

Ma première opération fut, en conséquence, de marcher contre Lavalleja, campé sur le Zapevi, affluent de l’Uruguay.

Je mis en route, pendant la nuit, notre infanterie et les quelques hommes de cavalerie commandés par de la Cruz.

Au point du jour, nous étions près du camp, que nous trouvâmes défendu, d’un côté, par les chariots, de l’autre, par l’Uruguay, et adossé au Zapevi.

Je formai mes hommes en deux petites colonnes, et, avec ma cavalerie sur mes ailes, je marchai à la charge.