Le commandant de l’infanterie tomba frappé à mort; les files se disjoignirent, et, à la tête de mes braves, un fusil à la main, je les entraînai dans une charge à fond.
Il était temps: la cavalerie était déjà sur nos flancs et sur nos épaules.
La mêlée fut terrible.
Quelques hommes de l’infanterie ennemie durent leur salut à une fuite rapide. Cela me donna le temps de faire face à la cavalerie.
Nos hommes pivotèrent comme si chacun avait reçu l’ordre d’exécuter cette manœuvre.
Tous combattirent, officiers et soldats, comme des géants.
Une vingtaine de cavaliers, alors, conduits par un brave officier nommé Vega, ayant honte de la fuite de Baez et de ses hommes, qui nous laissaient seuls, tournèrent bride, aimant mieux venir partager notre sort que de continuer leur honteuse retraite.
Nous les vîmes tout à coup repasser au milieu de l’ennemi et se placer à nos côtés.
Il y avait, je vous en réponds, du courage à faire ce qu’ils faisaient.
Au reste, la charge qu’ils accomplirent en nous rejoignant nous servit beaucoup dans ce moment critique: elle sépara et culbuta l’ennemi, dont une partie s’était mise à la poursuite des fuyards.