—Il faut conserver les braves, leur criai-je; ils sont de notre race.
Et personne ne fit feu.
C’était miracle comme tous ces braves gens m’écoutaient.
Un mot de moi rendait la force aux blessés, le courage aux hésitants, et doublait l’ardeur des forts.
Lorsque je vis l’ennemi décimé par notre feu, lassé de notre résistance, alors seulement je parlai de retraite, en disant, non pas: Retirons-nous! mais:
—En nous retirant, nous ne laisserons pas, je l’espère, un seul blessé sur le champ de bataille.
—Non! non! crièrent toutes les voix.
Au reste, blessés, nous l’étions presque tous.
Lorsque je vis tout mon monde bien calme et bien assuré, je donnai tranquillement l’ordre de se retirer tout en combattant.
Par bonheur, je n’avais pas une égratignure, ce qui me permettait d’être partout, et, quand un ennemi s’approchait trop témérairement de nous, de le faire repentir de sa témérité.