Nous arrivâmes à Bergame, où nous fûmes rejoints par Mazzini, qui venait prendre sa place dans nos rangs et qui y fut reçu avec acclamation.

Là, un régiment de Bergamasques, conscrits réguliers de l’armée piémontaise, se joignit à nous, traînant à sa suite deux canons appartenant à la garde nationale.

A peine étions-nous arrivés, qu’un ordre du comité de Milan nous rappela; le comité se composait de Fanti, de Maestri et de Restelli.

L’ordre portait que nous eussions à revenir à marche forcée.

Nous obéîmes, et commençâmes notre retour sur Milan.

Mais, arrivés à Monza, nous apprîmes, à la fois, que Milan avait capitulé et qu’un corps de cavaliers autrichiens était détaché à notre poursuite.

Garibaldi ordonna aussitôt la retraite sur Como; notre jeu était de nous rapprocher autant que possible des frontières suisses.

Garibaldi me plaça à l’arrière-garde pour soutenir la retraite.

Nous étions très-fatigués de la marche forcée que nous venions de faire. Nous n’avions pas eu le temps de manger à Monza, nous tombions de faim et de lassitude; nos hommes se retirèrent en désordre et complétement démoralisés.

Le résultat de cette démoralisation fut que, arrivés à Como, la désertion se mit parmi nous.