La légion italienne n’avait pas de paye, elle n’avait que des rations de pain, de vin, de sel, d’huile, etc.; cependant, après la guerre, on devait donner aux survivants, et aux veuves et aux orphelins, des terres et des bestiaux.

La légion se composa d’abord de quatre à cinq cents hommes; ensuite elle monta jusqu’à huit cents, attendu qu’au fur et à mesure que les bâtiments européens amenaient des Italiens proscrits ou venus pour chercher fortune, et dont l’espoir était déçu par le mauvais état des affaires, on les enrôlait.

La légion fut, dans le principe, divisée en trois bataillons, l’un commandé par Danuzio, l’autre par Ramella, et le troisième par Mancini.

Oribe savait tous ces préparatifs de défense; seulement, il n’y croyait pas. Il marcha sur Montevideo, comme je l’ai dit, mais campa au Cerrito. Peut-être, dans l’état de désordre où était la ville, eût-il pu y entrer du même coup; mais il croyait avoir des partisans nombreux, et il attendit une démonstration de leur part. La démonstration fut vainement attendue, et Oribe donna le temps à Montevideo d’organiser la défense.

Il resta donc à une heure de marche, à peu près, de Montevideo, avec douze ou quatorze mille hommes.

Montevideo pouvait, au bout d’un certain temps, lui opposer neuf mille hommes, dont cinq mille noirs, auxquels on avait rendu la liberté, et qui firent d’excellents soldats.

Lorsque Oribe eut perdu l’espérance d’entrer amicalement à Montevideo, il se fortifia au Cerrito, et les escarmouches commencèrent.

De leur côté, les Montévidéens se fortifièrent de leur mieux; notre ingénieur était le colonel Echevarria.

L’organisation générale des troupes appartenait au général Paz.

Joaquin Souarez était président, Pacheco y Obes ministre de la guerre.