—Eh bien! je dois connaître votre nom, moi! Dites-le-moi, alors, et je verrai ce que j’ai à faire.

—Croyez-moi, madame la comtesse, il vaut mieux que vous l’ignoriez; qu’importe mon nom? Je suis honnête homme, je rendrai Teresa heureuse, et, s’il le faut je me ferai tuer pour le prince et pour vous.

—Votre entêtement est étrange; et je tiens d’autant plus à savoir votre nom, que je l’ai déjà demandé à Teresa, et, que, comme vous, elle a refusé de me le dire. Je vous préviens cependant que je ne ferai rien qu’à cette condition.

—Vous le voulez, madame?

—Je l’exige.

—Eh bien! une dernière fois, je vous en supplie.

—Ou nommez-vous, ou sortez! dit Gemma avec un geste impératif.

—Je m’appelle Pascal Bruno, répondit le jeune homme d’une voix si calme qu’on eût pu croire que toute émotion avait disparu, si en le voyant si pâle on n’eût facilement deviné ce qu’il souffrait intérieurement.

—Pascal Bruno! s’écria Gemma reculant son fauteuil, Pascal Bruno! seriez-vous le fils d’Antonio Bruno, dont la tête est dans une cage de fer au château de Bauso?

—Je suis son fils.