—Oh! presque rien... vous allez voir.

Ali rentra avec l’objet demandé.

—C’est bien, continua Bruno; maintenant prends une vrille et perce un trou dans ce baril.

Ali obéit avec cette promptitude passive qui était la marque distinctive de son dévoûment. Pendant ce temps, Pascal déchira une serviette, l’effila, réunit les fils, les roula dans la poudre d’une cartouche, passa cette mèche dans le trou du baril, et boucha ce trou avec de la poudre mouillée qui fixa la mèche en même temps; il avait à peine fini ces préparatifs, que des coups de hache retentirent dans la porte.

—Suis-je bon prophète? dit Bruno en roulant le baril vers l’entrée de la chambre, laquelle donnait sur un escalier descendant à la cour, et en revenant prendre au feu un morceau de sapin allumé.

—Ah! fit le Maltais, je commence à comprendre...

—Père, dit Ali, ils reviennent du côté de la montagne avec une échelle.

Bruno s’élança vers la fenêtre de laquelle il avait fait feu la première fois, et vit qu’effectivement ses adversaires s’étaient procuré l’instrument d’escalade qui leur manquait, et que, honteux de leur première retraite, ils revenaient à la charge avec une certaine contenance.

—Les fusils sont-ils chargés? dit Bruno.

—Oui, père, répondit Ali lui présentant sa carabine.