Quand Simon s'éveilla, il se dirigea aussitôt vers le lit de son maître. Pierre avait les yeux ouverts; en le voyant il dit:
—Aide-moi à m'habiller.
Le matelot, stupéfait, allait refuser; mais le vieux Rig était déjà derrière lui et, satisfait, il disait:
—Maintenant, à part un peu de faiblesse, il n'y paraît plus… Habillons-le. Lorsque Pierre fut vêtu, soutenu par les deux anciens matelots, il se fit conduire près de la fenêtre, et on l'étendit dans un large fauteuil.
—Rigobert, dit-il, tu vas retourner chez toi, et demain, en venant toucher ce que je te dois, tu m'amèneras l'étrange fille que tu as recueillie.
—Bien, maître, fit le vieux sauvage, glissant dans son gousset la montre qu'il avait prise rue Payenne, et, malgré la chaleur, se couvrant du pardessus de Pierre… Nous serons ici demain soir.
Le vieux sauvage, ayant pressé la main de Simon, se retira après lui avoir donné quelques instructions relatives aux soins nécessaires à son malade.
Lorsqu'il fut sorti, Pierre appela son matelot et lui parla à l'oreille; celui-ci exclama joyeusement:
—Bon sang de bon Dieu! elle est ici!… Ah! mon lieutenant, j'y vais…
Espère! espère! espère!
Et il sortit aussitôt.