La jeune fille, les yeux ardents, la voix sifflante, poursuivit:

—Et je me suis rendue chez lui, pour lui livrer les preuves que j'avais volées…. Les voici, voyez….

Et en disant ces mots, elle plaça sur la table les lettres et le portrait.

Pierre Davenne les avait à peine regardés, qu'il jeta un cri et se redressa, pâle, menaçant, terrible; il s'écria:

—Vous mentez, madame, vous mentez….

Devant l'attitude agressive de Pierre Davenne, la jeune fille ne bougea pas; elle affirma avec calme:

—Monsieur, votre femme est la maîtresse de mon amant, de votre ami Fernand Séglin, et je viens vous le révéler, pour que vous vous vengiez en me vengeant moi-même….

Pierre Davenne regarda les lettres, le portrait…. Il restait sans voix, sans mouvement, les yeux fixes, oubliant celle qui lui avait parlé.

Celle-ci avait vivement ramassé son châle, s'était enveloppée dedans et se sauvait, insoucieuse de la pluie et du fracas du tonnerre; elle se fit ouvrir la grille de la rue par Simon stupéfait, et lui remettant sa carte elle lui dit:

—Dites à M. Davenne qu'il m'écrive à cette adresse … s'il a besoin de moi.