—Vous allez dormir, ma belle!

Et il sonna; les femmes de chambre entrèrent et conduisirent Iza dans sa chambre. Lorsqu'elle fut entrée, la porte fermée, Séglin descendit dans le jardin… Il se promenait, passant la main sur son front, comme pour calmer son cerveau troublé par la passion et il disait:

—Si je ne m'étais marié avec elle… je me serais tué! Est-ce possible? moi! moi! qui ai tant ri, tant médit… souillé l'amour des autres!…

À cette pensée, son front se plissa, une idée atroce lui traversa le cerveau.

—À moi! si cela m'arrivait, oh! je la tuerais… mais j'en mourrais!…

Il vit les femmes de chambre qui montaient se coucher. Heureux, il rentra dans la maison et se dirigea vers la chambre de sa femme.

VIII

OÙ L'ON PRÉSENTE UN SINGULIER COMPTE.

Le mariage de Fernand Séglin avait rétabli sa situation; calme dans l'avenir, il vivait heureux, enivré, tout entier à la pensée de sa femme. Il avait totalement oublié sa maison de commerce, se reposant sur son caissier Picard. Celui-ci était venu le trouver à Auteuil pour assurer l'échéance de fin de mois, fort lourde en raison du changement survenu dans la maison, et Fernand lui avait dit:

—Soyez tranquille, Picard, dans quelques jours nous devons recevoir un avis de M. de Zintsky qui est parti le lendemain de mon mariage. Faites le nécessaire, agissez comme si j'étais là, je vous donne carte blanche.