Et calme il était retourné près de sa femme. Les jours passaient dans cette situation. Fernand, voulant présenter officiellement sa femme dans le monde au milieu duquel il vivait, avait résolu de donner une soirée qui devait inaugurer le petit hôtel d'Auteuil.

On avait beaucoup parlé du riche mariage de Séglin, de la beauté extraordinaire de sa jeune femme, de son originalité. La situation brillante faite par cette union à la maison Séglin était une raison de plus pour que les invitations à la soirée fussent recherchées.

Depuis deux jours, on ne s'occupait à Auteuil que de préparer l'hôtel pour la grande soirée. La veille du jour choisi, le vieux Picard était venu et avait parlé de nouveau à Séglin de l'échéance qui se trouvait quatre jours après, et rien n'était encore parvenu de Jassy. Séglin eut une légère contraction; mais, se remettant aussitôt, il dit:

—La négligence de Danielo est naturelle: il ne croit pas que j'attends après la dot de ma femme… Ce soir, Picard, vous écrirez en demandant un premier envoi. Dites, qu'indifférent à cela… vous êtes mon chargé d'affaires, au besoin même que j'ignore votre démarche…

—Une lettre, monsieur, mettra trois jours pour être rendue…

—Envoyez alors un télégramme…

—Bien, monsieur, fit le docile caissier.

Et tranquille, confiant, Séglin alla surveiller les préparatifs de la soirée.

—Quelle indifférence ont ces gens, pensait-il, ce sont des sauvages.

Et en effet, depuis plus de quinze jours, le lendemain du mariage de sa nièce, le vieux Danielo était parti, et depuis ce jour pas une nouvelle! Cependant Séglin, tranquille, ne pensa pas seulement à en parler à sa belle Iza; il avait bien autre chose à lui dire.