Iza, vers trois heures, s'était retirée. Le calme était revenu dans le petit hôtel si agité quelques heures auparavant. Les jeunes gens qui soupaient avec Fernand étaient ses amis avant son mariage; aussi, naturellement en vint-on à parler des anciennes. L'un d'eux lui demanda:

—Et Madeleine de Soizé… la Superbe!… Ça a donc été bien grave pour vous quitter? Tu devais l'épouser…

—Quelle folie!… dit Fernand. Nous nous sommes quittés le plus banalement du monde…, à la suite d'une scène de jalousie, bien avant mon mariage.

—Dame, elle le disait. Je l'ai rencontrée il y a deux jours…

—Et que t'a-t-elle dit?

—C'est inutile de te le dire… C'était si fin! si fin! que je n'ai pas compris…

—Dis toujours?

—Mon Dieu, je lui ai dit que tu étais marié.—Je le sais! dit-elle! et c'est ma vengeance! Et elle est partie. Comprends-tu?

—Ce serait difficile, dit Fernand en riant et en haussant les épaules.
Messieurs, ajouta-t-il, ce n'est pas pour vous mettre à la porte…
Restez si vous voulez, moi je monte me coucher… Je tombe de sommeil.

—Oui, oui, nous connaissons ça, firent-ils en riant… Bonne nuit…