—Il me reste, monsieur, à m'excuser de vous avoir dérangé.

Le banquier le salua de la tête, et Fernand se retira. En descendant l'escalier, le rouge au front, les dents serrées, il murmurait:

—Que signifie cet accueil?… Que se passe-t-il donc autour de moi…
Est-ce que les billets Wilson?… Oh! non!…

Et haletant, il s'arrêta à la dernière marche, se soutenant à la rampe… Puis, se dégageant, il haussa les épaules et dit:

—Je deviens fou, ma parole d'honneur!… C'est la jalousie!… Voyons, je vais aller chez Bernet et Lausart, et ils feront mon affaire.

Quelques minutes après il était introduit dans le cabinet du banquier. Il eut comme un soubresaut en constatant que le même accueil lui était fait. Un instant, il hésita à formuler sa demande.

Il se décida cependant.

Bernet lui dit qu'en l'absence de son associé il se trouvait absolument dans l'impossibilité de répondre favorablement à sa demande… et M. Lausart était absent pour huit jours! Il sortit de chez le banquier anéanti, écrasé.—Sans s'en rendre compte, il devinait qu'une défaveur l'enveloppait… Il eut peur! Mais pas une fois, pas une seconde la pensée ne lui vint qu'il pouvait être la dupe de sa femme; à ce point que, ne voulant pas chagriner Iza, il était résolu à ne lui point parler de ce retard, qui du reste devait éclairer aussitôt sa femme sur sa véritable situation.

X

LE JOUR D'ÉCHÉANCE. (Suite.)