—Mon cher Samuel, je sais que vous n'êtes pas homme à n'avoir vu que la beauté de Mme Séglin… vous avez remarqué ses bijoux…
—Ah! fit Samuel…. Eh bien! monsieur Séglin, je vais vous étonner, je ne me connais absolument pas en bijoux… Vous le savez, je fais plutôt des affaires de banque…
—Des affaires de?… interrogea en souriant Fernand.
—De banque, répéta très sérieusement Samuel… Mais j'ai entendu autour de moi les dames qui ne tarissaient pas sur la beauté des bijoux, et les estimaient être d'un prix fou…
—Environ le double de ce que je vous demande, cher monsieur Samuel…
—Et vous me donnez ces bijoux en garantie?..,
—Oui!…
—Vous les avez?…
—Les voici!
Et Séglin ouvrit le petit coffret et montra les brillants dans leur écrin. Samuel pensait. Et sa pensée, nous pouvons la suivre. Il se souvenait avoir entendu estimer, par des gens s'y connaissant, des spécialistes, les bijoux qui couvraient les épaules et pendaient aux oreilles de Mme Séglin plus de cinq cent mille francs…; car c'était vrai, le vieux Samuel ne se connaissait pas en joaillerie: il faisait de l'usure; papier et or étaient son affaire… Il faisait sonner et toucher l'or, et il mettait ses lunettes pour bien voir une signature… Mais, en cette affaire, il n'avait pas besoin d'être appréciateur, il connaissait l'origine des bijoux.