De plus il se disait: Maintenant la maison Séglin est sérieuse. Des gens qui avaient été s'informer chez le notaire avaient appris que la jeune femme apportait plus d'un million espèces… La situation de Séglin à cette heure était toute naturelle, sa gêne venait de la lenteur du versement en raison de l'éloignement de la famille. Mais ces versements étaient certains… Il ne courrait donc aucun risque en prêtant… Il s'agissait, l'affaire étant sûre, de la rendre bonne.

—Eh bien, demanda Séglin, il faut, Samuel, en finir promptement, car j'ai besoin de cet argent avant une heure…

—Monsieur Séglin, écoutez. Le Seigneur m'est témoin que je voudrais vous obliger, mais je ne peux pas faire une somme aussi considérable seul… Je serai forcé d'emprunter moi-même; pour avoir l'argent aussi rapidement, on va abuser de la situation et ce que vous m'offrez ne sera pas suffisant.

—Mais je vous offre vingt-cinq mille francs…

—Eh bien, comptez les commissions, les risques à courir…

—Quels risques? puisque vous avez le double de ce que je vous demande en bijoux…

—Oui, mais il faudra que vous me les vendiez…

—Comment les vendre?…

—C'est-à-dire que, pour faire des affaires régulières… Vous savez, je ne doute pas de vous, monsieur Séglin… Dieu m'en garde!… il faut que la chose soit régulière… On se fâche aujourd'hui ou demain… et puis on est traité d'usurier…

—Enfin, vous n'espérez pas que je vais vous vendre ces bijoux?…