—Mais, monsieur Séglin…, vous ne comprenez pas. Vous me vendez ces bijoux au prix de trois cent quarante mille francs… et je m'engage à vous les vendre pour pareille somme si vous les venez reprendre avant un mois.

—Bien… j'accepte ça… Mais que parlez-vous de quarante mille francs… pour un prêt de huit jours, dix jours?

—Comptez vous-même, monsieur Séglin… frais de commission… déplacement et intérêt.

—Mais c'est épouvantable!

—Voilà comme on compte toujours… On se dit: l'argent, pour en avoir dans ces conditions-là, vaut dix à douze pour cent; eh bien, on se dit: ce n'est que pour un mois… Mais c'est comme si cela était pour l'année; mon argent déplacé, qui m'assure que je trouverai un placement égal à celui que j'avais? Qui m'assure qu'il ne va pas dormir?…

—C'est de la folie… je ne puis pas pour un prêt de dix jours payer cette somme…

—Eh mon Dieu! monsieur Séglin, n'en parlons plus… Je vous assure que c'est en tremblant que je fais l'affaire… Je n'y tiens pas du tout… Voyez un autre… Nous ne nous fâcherons pas pour ça…

—Canaille, grognait Fernand entre ses dents en voyant le sourire du vieux requin qui sentait bien qu'il tenait sa proie…

—Samuel, dit-il tout haut, vous n'êtes pas raisonnable… Mais je n'ai pas le choix, faites les papiers… je vais signer…

—De votre main, monsieur Séglin, je vais vous dicter.