Puis, après ce bruit de va-et-vient, le silence!… Picard était ennuyé, la porte s'ouvrit, il se pencha; c'était Martin, accompagné de son aide Sper, qui venait ranger le magasin. Le vieux caissier retomba dans son fauteuil, fatigué; il attendait que l'on vînt toucher les billets Wilson: personne ne se présentait, et son patron Séglin lui avait bien recommandé de venir, après cinq heures, dîner avec lui, en lui apportant les valeurs acquittées… Il ne savait que faire. Devait-il partir pour Auteuil où son maître l'attendait, sachant que la caisse ferme régulièrement à cinq heures, ou devait-il rester à attendre encore? Il avait bien pensé à laisser l'argent; mais la somme était beaucoup trop considérable pour agir aussi légèrement.
La demie venait de sonner; on se mettait à table à Auteuil à six heures; il n'y avait plus à hésiter.
Au reste, c'était écrit sur la caisse: les bureaux fermaient à cinq heures.
Le vieux caissier appela Martin et lui dit:
—Martin, au cas où l'on se présenterait ce soir pour toucher des billets, vous diriez de laisser l'adresse, que j'ai attendu jusqu'à cette heure la présentation, que je serai de retour à dix heures; si à cette heure on le veut, qu'on se présente, sinon demain, à la première heure, j'irai moi-même à l'adresse indiquée… Vous avez compris?…
—Parfaitement, monsieur Picard… Tu as entendu, Sper?…
—Oui! oui! fit l'autre.
—Deux vaut mieux qu'un, vous pouvez être tranquille.
—Bien… Allez me chercher une voiture.
—Tout de suite, monsieur Picard… Et, droit comme un I, Martin sortit.