—Regarde, infâme!

Alors le fantôme souleva le grand rideau: il parut à Fernand que le masque jusqu'alors immobile de Pierre grimaçait un rire.

Sans force pour agir, sans force pour se sauver, comme rivé sur ce marbre, il se pencha pour voir ce que lui montrait l'ombre.

Son sang lui sembla de feu, ses regards épouvantés voyaient sur ce lit, étendus dans les bras l'un de l'autre, Iza, sa femme, et celui qu'elle lui avait présenté sous le nom du comte Otto… Iza avait sa tête dans les bras de l'homme, ses cheveux bruns inondaient sa poitrine; ils souriaient tous les deux, et semblaient tendre la lèvre, encore épaisse du baiser avec lequel ils s'étaient endormis. Son énergie revint avec la rage, il jeta un cri terrible et ses yeux se fermèrent une minute devant ce tableau foudroyant.

Aussitôt le fantôme se jeta en arrière et disparut par la petite porte de la chambre. Mais le cri avait éveillé les deux amants…

Georgeo, bondissant du lit, avait vu derrière la glace le visage épouvanté de Fernand; il avait saisi le revolver…

Iza, effrayée, lui montrant son mari, cria:

—Geo!… C'est lui; tue-le… tue-le!

Et le grand Moldave obéit.

On entendit encore un cri, dans le bruit de la glace brisée par le coup de feu.