—Est-ce que je pourrai vivre comme ça maintenant?…
Puis elle regardait Georgeo… Elle le trouva beau…; mais ses lèvres laissaient tomber la juste expression de sa pensée.
—Quel malheur!… s'il avait vécu autrement, il serait intelligent aussi… délicat…
Puis, comme pour s'excuser elle-même, elle ajoutait:
—Il est beau… il est bon… mais…
Elle n'osait pas dire il est bête!…—Lui, toujours inquiet, ne s'occupait pas d'Iza…; il savait qu'elle lui appartenait, il attendait, impatient, l'arrivée du vieux Rig.
Et ses regards s'épuisaient sans rien voir. La journée était presque terminée, il devait partir le même soir, et Rig ne venait pas: il alla consulter Iza… Celle-ci, étendue dans le fond de la cabane, les bras relevés au-dessus de la tête, son chignon appuyé sur ses mains, l'écouta, presque indifférente, et cependant ce que disait le bohémien était grave:
—Mais si le maître a remis au sauvage l'argent et les bijoux qu'il devait t'apporter, s'il lui a donné en même temps la somme qu'on m'avait promise…? Sais-tu que c'est beaucoup d'argent, Iza?
—Oui, c'est de quoi vivre pour toi, Georgeo…
—Mais oui, c'est de quoi vivre, et bien vivre tous les deux… Le vieux sauvage est maintenant libre comme nous, le maître n'en a plus besoin… Une fois l'argent en main…, il peut s'être sauvé…