—Le vieux Rig en est capable.

—Tu dis cela comme ça… Mais sais-tu que je retournerais à Paris cette nuit, que je le chercherais, qu'il faudrait que je le retrouve et qu'alors il passerait une mauvaise heure?

—Il ne faut jamais penser à cela, Georgeo… Le vieux maître est plus fort que tous… Si tu voulais lutter avec lui, il te tuerait, mais sans laisser de trace… Si c'est lui qui a l'argent… et qu'il soit décidé à le garder, tu ne le trouveras plus…

—Oh! je le trouverai bien…

—Mais si tu retournes à Paris, qui te dit qu'il ne te dénoncera pas?… Qui te dit que depuis ce matin ils ne sont pas eux-mêmes arrêtés dans la maison d'Auteuil… et que c'est pour cela que nous ne les voyons pas…? Tu as tiré sur Fernand, et tu vises juste, toi… Tu te souviens du cri, je l'ai eu dans les oreilles jusqu'au lever du soleil…

Georgeo restait pensif, il ne dit rien: mais Iza, qui l'observait et qui le connaissait, comprit qu'il avait pris une violente résolution. Toujours silencieux et pendant qu'Iza fermait les yeux comme pour s'endormir, il attela son cheval et se mit en route. La nuit venue, il traîna sa voiture dans un champ et rentra dans sa baraque. Il revêtit son costume de montagnard, ses chaussures étranges, mais souples, dont les lacets se tordaient autour de ses jambes, il glissa dans sa poche son revolver, son couteau dans sa ceinture et, ayant mis par-dessus une vieille blouse, il dit à Iza:

—Dors, je reviendrai au matin.

—Où vas-tu?

—À Auteuil.

—Eh! quoi faire? dit la Moldave en se redressant.