—Georgeo, dit-elle, viens te reposer, je vais conduire…
Georgeo était épuisé, il la remercia et vint prendre sa place. Elle l'embrassa longuement en lui disant:
—Bon sommeil, Georgeo!
Et le grand bohème s'endormit en lui souriant. Lorsqu'Iza fut assurée de son sommeil, elle fouilla dans la malle, mit ses vêtements les plus beaux, sa robe rouge et or, elle s'enveloppa dans un long châle, et, mettant la bride sur le cheval, elle laissa la voiture suivre la route.
Debout le long d'un arbre, elle la regarda s'éloigner, puis lorsqu'elle ne parut plus que comme une petite masse noire sur le jaune blanc du soleil du matin, elle envoya un baiser:
—Adieu, Georgeo!… Adieu, passé!… Cette vie-là est trop dure…
Et elle revint à Saint-Cyr où elle prit le premier train. Arrivée à
Paris, elle sauta en voiture et se fit conduire à Charonne.
XIX
LES BEAUX BIJOUX D'IZA.
Quand Fernand avait vu dans les bras du comte Otto sa femme, celle qui depuis trois mois occupait toutes ses pensées, celle qu'il adorait…; quand il avait vu s'évanouir dans l'ombre de la chambre le spectre vengeur, dont la voix sépulcrale sonnait encore à son oreille, il avait fermé les yeux une seconde; puis, fou, insensé, voulant réagir contre sa douleur et sa terreur, il s'était redressé; c'est alors qu'il avait vu sa femme sur le lit, crier à son amant en le désignant: