XXI

LES BONS COMPTES FONT LES MAUVAIS AMIS.

Pendant que Fernand Séglin s'installait dans le petit pavillon de la rue Payenne, Iza, qui avait connu la fortune, s'apercevait qu'avec sa première jeunesse elle avait perdu les goûts simples qui la réjouissaient autrefois: la bohème lui semblait triste, et elle se décidait à rentrer dans la vie superbe qu'elle venait de quitter si étrangement… Est-ce qu'elle pensait à retrouver son mari? Oh! non, pas une minute l'idée de Fernand ne vint à sa pensée, pendant le trajet du chemin de fer à Charenton. Lorsqu'elle arriva, Pierre la reçut aussitôt, et en la voyant il lui demanda:

—Qu'y a-t-il, Iza? comment te trouves-tu encore à Paris?

—Maître, je ne puis partir… Je n'ai rien.

—Tu n'as rien?

—Maître, vous m'aviez promis qu'on me rendrait les beaux bijoux qu'il m'avait volés… Vous m'aviez promis que j'aurais plein le petit sac de pièces d'or…

—Et tu n'as rien… Georgeo te les a pris?

—Comme moi, maître, Georgeo n'a rien.

—Pierre fronça les sourcils.