Et d'un bond Simon sortit de la boutique, laissant étourdis, effrayés, et la patronne et le garçon.
Il faisait presque nuit; toute la journée le matelot était resté là, solide au poste… et il avait perdu son temps. Mais Simon n'était pas homme à ne pas exécuter les ordres de son lieutenant. Pierre Davenne lui avait dit:
—Va me chercher Rig…
Et mort ou vif, Simon ramènerait Rig…
Où allait-il à cette heure? Il aurait été bien embarrassé pour le dire lui-même… Il allait chercher Rig, et il causait se disant pour se consoler, en changeant sa praline de joue:
—Espère! espère! je t'aurai, ancien.
Arrivé en courant sur les boulevards extérieurs, il lut sur l'omnibus: Montrouge. Ce fut comme une révélation. Rig se sauvait; mais assurément, avant de se sauver, il devait rentrer dans l'étrange demeure où il l'avait trouvé. Simon courut après la voiture, et, donnant ses trois sous au conducteur en s'élançant sur l'impériale, il s'écria dans son bon rire:
—Ouf! là, dans la hune!
Il se mit près du cocher. Cinq minutes après il lui offrait une praline… Dix minutes après il était presque debout, un genou sur la banquette, les mains sur la rampe, se tenant de face dans la direction de la voiture et la tête presque sur l'épaule du cocher… Ils étaient déjà très amis… Simon lui racontait que, dans ses voyages, il avait été dans un pays où les chevaux avaient un siège naturel sur la croupe; en achetant la bête, on avait à la fois le cheval et la voiture… On pouvait y tenir trois… Le cocher lui demanda s'il y avait une capote. Simon faillit se fâcher, mais ce fut l'affaire d'une seconde; il continua en racontant qu'avec la crinière intelligemment nattée, on se faisait les guides…
Arrivé à Montrouge, il paya une bonne bouteille à son voisin… d'une heure… et lui fit jurer qu'ils se reverraient; puis ils se dirigea vers le bizarre village où nous avons déjà mené le lecteur.