Alors Simon avait reçu un coup de poing, un coup de poing énorme; il avait heureusement frappé sur la joue gonflée, ça avait amorti le coup; mais la pression trop forte avait rendu «la praline» amère. Oh! alors, le vieux Rig gâtant ce que Simon disait qu'il y avait de meilleur dans la vie…, le vieux Rig était un homme perdu…; les doigts se serraient sur son cou…

Pierre Devenue parut…; il ordonna à Simon de lâcher le vieux Rig, qui tirait la langue…

Ce fut pour Simon un ordre difficile à exécuter, il regarda deux fois
Pierre; son regard était suppliant… Pierre dit:

—Laisse Rig sortir d'ici; puisque tu as l'argent d'Iza.

Simon lâcha Rig, mais en lui disant tout bas:

—Toi, vieux gredin, tu abîmes ma nourriture…; nous nous retrouverons… Espère! espère!

Rig, souple, s'était laissé glisser; il avait déjà repris la sacoche; il ramassait sans bruit l'or sur les marches, semblant se retirer à reculons, humilié… Pierre descendit deux marches, lui plaça le canon du revolver sur le front en disant:

—Laisse l'or que tu as volé, misérable, ou cette fois, vieux brigand, je te fais sauter la cervelle.

Rig regarda en dessous, son regard se croisa avec celui de Pierre: il vit qu'il était condamné s'il n'obéissait pas; il descendit alors à reculons, grinçant des dents, n'osant dire haut les blasphèmes, les injures et les menaces qu'il grognait tout bas, bien convaincu qu'il suffirait d'une seconde d'hésitation pour que Pierre l'étendît sur le tapis tout ruisselant d'or.

Simon, au paroxysme de la rage, faisait tous ses efforts pour se contenir; il avait pris à pleine main dans sa boîte à praline… et il mâchait, il mâchait de rage, de colère, è croire qu'il voulait se mordre la joue.