Simon montait l'escalier tout fier, il tenait la sacoche, le trésor d'Iza; un large rire s'étendait sur sa grande bouche: c'est que, pour la retrouver, il s'était fait aider par le nègre, et à eux deux ils avaient tout bouleversé dans l'entre-sort. Chaque fois qu'une fiole lui tombait sous la main, Simon disait au nègre qui se nommait Ali:

—Tu sais, Rissolé, goûte pas à ça, ma vieille…, ça te rendrait pâle…, c'est de la poison.

Et les fioles du vieux Rig, si soigneusement rangées, allaient se perdre dans les chiffons.

Lorsque Simon avait trouvé le sac, lorsqu'il avait reconnu le premier cadeau que Pierre avait fait à Iza, il s'était écrié joyeusement:

—Espère! espère! tu peux atteler… j'ai l'affaire…

C'est alors que, content de sa trouvaille, heureux d'avoir entièrement exécuté les ordres de son lieutenant, il se précipita dans l'escalier, la petite sacoche dans ses bras, grimpant la tête en avant, dans l'ombre, habitué à la maison… C'est à ce moment que le vieux sauvage se sauvait, menaçant. La tête de Simon donna dans la carcasse du vieux Rig, le choc eut pour résultat de faire tomber les deux hommes de côté; près de la rampe la sacoche, en tombant, creva, et l'or jaillissant tinta… Rig eut un éclat de rage.

—Potence à l'ail! avait crié Simon dans l'abordage.

Ce juron avait suffi à Rigobert pour savoir à qui il avait affaire…; le bruit de l'or, en tombant, lui avait appris ce que le matelot venait de faire, et, fou de colère, de rage, de haine et de lui-même, il cria:

—Ah! c'est toi… Je vais te finir là…

C'est alors que Simon, le reconnaissant à son tour, avait étendu ses longs bras et ses mains de fer avaient serré comme dans un carcan le col du vieux sorcier… Mais le cou de Rig était bien mince… et bien dur.