—Ça, je ne peux pas vous dire. Ça a dû rapporter beaucoup d'argent; il y a eu des prix qui m'ont semblé extravagants pour des choses auxquelles je n'attribuais aucune valeur; mais vous savez, chez ces gens-là, ce sont les choses les moins utiles qui valent le plus.
—Alors, vous ne pouvez pas même me dire le prix approximatif atteint par cette vente?
—Absolument pas!
Le vieux Rig semblait très ennuyé de ne pas avoir de renseignements plus complets sur la vente. Sa nature d'avare, de convoitise, sa nature de sangsue s'éveillait, âpre; sa tête d'hyène s'avançait; il aurait déjà voulu planter ses dents pointues dans l'or recueilli par la veuve; mais, revenant aussitôt au point principal de sa démarche, il demanda:
—Mais enfin? comment pourrais-je retrouver Mme Davenne. Vous ne connaissez donc personne qui se soit intéressé à elle, pour savoir encore aujourd'hui où elle demeure… Elle est riche, n'est-ce pas?
—Oh! certainement oui.
—Cette maladie qui avait atteint ses facultés mentales n'a pas eu de suites? Elle est rétablie?
—Ma foi, monsieur, dit le concierge, je dois vous dire que je n'en sais pas plus que vous… M. Davenne mort, Mme Davenne enlevée d'ici; le mobilier du petit hôtel a été mis en vente et jamais plus nous n'avons entendu parler d'elle.
—Ainsi, reprit Rig ennuyé, vous ne voyez pas autour de vous quelqu'un capable de me donner des renseignements précis, et Rig se levait.
—Je ne vois personne.., Ah! peut-être pourriez-vous vous adresser au locataire nouveau du pavillon. Pour faire la location, il a eu affaire au propriétaire, c'est vrai, mais il y avait dans le pavillon maints agencements appartenant encore au dernier locataire, et peut-être le sculpteur a-t-il été obligé de voir Mme Davenne.