—Monsieur Carle Lebrault.

—C'est étonnant, fit-il stupéfait! Et lui-même, vous a-t-il dit son nom?

—Oui, monsieur; il se nomme Danielo de Zintsky.

—Gregorio! exclama Fernand bondissant. Il est seul?

—Oui, monsieur.

—Je descends; faites-le entrer dans le salon.

Lorsque la servante fut partie, Fernand réfléchit, cherchant vainement à s'expliquer comment le vieux Moldave avait pu apprendre son adresse; la chose lui parut si étonnante, si impossible, qu'il n'y pouvait croire. Qu'allait-il faire? Était-il prudent de voir le vieillard? n'était-ce pas un piège qui lui était tendu? une finesse de policier déjà sur sa piste? Il regarda par la fenêtre, le jardin était vide; dans la rue, personne; décidé à en finir cependant et à lutter immédiatement contre le danger, si déjà il était menacé, il prit une arme et la glissa dans la poche de son large pantalon; puis, résolu, il descendit, éloigna la bonne et rentra dans le salon.

C'était bien le vieillard, l'oncle d'Iza qui l'attendait.

—Danielo, fit aussitôt Fernand, comment m'avez-vous retrouvé?
Venez-vous en ami ou en ennemi?

Rien ne peut rendre l'impression produite sur le vieux Rig en entendant ces mots, en reconnaissant cette voix; il reculait stupéfait, ne pouvant en croire ses yeux. C'était bien Fernand, et pourtant l'homme qu'il avait devant lui ne ressemblait guère à celui qui passait pour son neveu; il le reconnut cependant à son regard, à la cicatrice à peine fermée qu'il avait au front, et c'est tremblant, redoutant des explications difficiles à donner, qu'il exclamait: