—Vous devez être heureux… la ligne de vie est longue… mais traversée par un grand malheur… puis… je ne veux pas dire ça…

—Dites toujours…

—La ligne de vie est brisée… absolument brisée… et la ligne était longue.

—Merci, à votre tour, mon enfant, donnez-moi votre main.

—Vous ne croyez pas, et vous voulez vous moquer de moi! fit tristement la jeune Iza.

—Si, mon enfant, je crois… et je sais!

Iza tendit sa main, une main mignonne, admirable, aux doigts, aux ongles roses, attachée au bras comme une main de duchesse.

Pierre la prit et la pressant… le front plissé, fixant son regard ardent sur les yeux étincelants de la jeune fille, il dit:

—L'avenir est riant pour toi… le malheur est passé… tu seras riche, aimée, adorée, tu seras belle et enviée…

—Oh! maître, dit la jeune fille, fermant les yeux, éblouie et ravie de ce qu'elle entendait… oh! je vous en prie, ne mentez pas… et superstitieuse, croyant malgré elle à la parole de Pierre: parlez, parlez encore…