Il remplit la commission scrupuleusement, ce qui au reste fut facile.
M. de Soizé, aveugle et impotent, ne quittait pas la chambre, et c'est
Mlle de Soizé qui vint recevoir le matelot.

En entendant le nom de celui qui lui adressait la lettre, elle manifesta une certaine émotion et dit à Simon:

—Monsieur, je vous prie d'attendre une seconde…

Elle se plaça près de la fenêtre et lut la lettre… Le matelot qui l'observait vit que pendant la lecture ses mains tremblaient, que sa bouche se contractait, puis un sourire triste s'étendit sur son visage, lorsqu'elle revint dire au matelot:

—Dites à M. Davenne que je suis prête… j'y serai… et j'obéirai…

—C'est tout? demanda Simon écarquillant les yeux et ouvrant imprudemment sa large bouche.

—C'est tout… Dites enfin qu'il peut absolument compter sur moi…

—Mam'zelle… et la compagnie, dit-il par habitude, je vous salue bien.

Et étrillant son crâne de ses doigts, mordant sa chique, il grommelait en descendant l'escalier.

—Je navigue dans du cirage… Je n'y vois rien… Si ces gens-là se compromettent, ça ne sera pas à cause de ce qu'ils auront dit… Enfin, il faut affaler tout, c'est le lieutenant qui gouverne… Il sait où il va!… Si ça avait été moi, pas tant d'affaires, on bourlinguait tout,—la femme, la bonne;—en voilà une qu'est obstinée.—On restait avec la petite Jeanne… On me mettait de quart pour recevoir ceux qui viendraient… et vogue la galère!…