Davenne fouillait dans une armoire. Il y prit des liasses de papiers, qu'il mit dans un coffre solide et tout cerclé de ferrures, puis des bijoux, des objets précieux… Simon le regardait faire étonné, son maître fouillait partout, prenant et plaçant toujours dans le grand coffre. Lorsqu'il fut comblé il le ferma et, ayant regardé l'heure à sa montre, il dit à son matelot:

—Madame t'a prié de lui porter de mes nouvelles, va lui dire que je me suis éveillé… que j'ai pris la première potion… et que me rendormant j'ai recommandé qu'on ne fît pas de bruit et qu'on me laissât dormir.

Simon avait la raison absolument bouleversée, il eut un haussement d'épaules qui voulait dire:

—Décidément, je renonce à comprendre, et, obéissant, il alla s'acquitter de sa commission.

Il trouva Geneviève en larmes, et celle-ci lui prenant la main lui dit:

—Simon, ne le quittez pas… si vous êtes fatigué… venez me chercher et je veillerai pendant que vous vous reposerez… S'il appelle, je vous éveillerai.

—Pas cette nuit, madame, il n'y a pas de danger… fit le matelot tout à fait déconcerté en voyant les larmes de celle qui était la cause de tout.

Il revint raconter ce qu'il avait vu à son maître; celui-ci resta froid et il dit à son matelot:

—Personne ne viendra ici avant deux heures; il est dix heures, tu vas descendre ce coffre, il faut t'arranger à n'être pas vu…

—C'est facile, dit le matelot, tout le monde est couché… et madame est dans sa chambre…