Le ton et le geste de Mme Davenne avaient fait sur le jeune homme l'effet d'un coup de cravache; le rouge lui monta au visage, ses dents grincèrent, ses yeux eurent un regard de fauve; il saisit la jeune femme par le bras. Elle voulut crier. Il appliqua sa main sur sa bouche; elle se débattait, il la traîna, la pressant au risque de l'étouffer; d'un coup de genou, il ouvrit la porte d'un petit boudoir et y traîna la malheureuse. Là, il la jeta sur un canapé où elle tomba, inerte, étouffant, suffoquant, cherchant à recouvrer sa respiration.
La voyant dans l'impossibilité momentanée de bouger, Fernand alla fermer la porte de la chambre; s'étant assuré que l'enfant n'avait pas été éveillée, il rentra dans le boudoir dont il ferma la porte derrière lui.
Geneviève, remise de la secousse, mais tremblante de peur, était accroupie dans un coin du canapé, la tête dans ses mains, pleurant de douleur, de honte et de rage. Fernand, les sourcils froncés, s'avança vers elle, et croisant les bras, il dit:
—Nous sommes seuls ici, Geneviève… tu vas m'écouter… tu vas me répondre…
La jeune femme se laissa glisser sur les genoux, et les mains jointes, elle s'écria en levant les yeux au ciel:
—Seigneur!… ayez pitié de moi… le châtiment est terrible…
Fernand eut un mouvement de colère en disant:
—Il est trop tard pour prier… il est l'heure d'agir.
Geneviève releva la tête… elle ne comprenait pas ce que son complice voulait dire. Celui-ci prit un siège, et avant de s'asseoir, il releva la jeune femme, la conduisit vers le canapé et lui dit:
—Écoute-moi.