«Pauvre jeune homme, c'est presque son frère qu'il perd… C'étaient deux braves et loyaux amis… pauvre garçon… pauvre femme!»
Quand tout le monde se fut éloigné, Fernand pensa au retour, il chercha le matelot. Comme il désirait être seul avec Geneviève dans la voiture, afin que personne n'assistât à la scène qui allait suivre la crise, il voulait dire au matelot de prendre un autre fiacre, et qu'il le retrouverait rue Payenne; il l'aperçut, alla vers lui et dit:
—Simon, prends une voiture et rejoins-nous… Je vais reconduire madame
Davenne.
Simon le regarda, et, lui tendant la main, il dit:
—Adieu, monsieur Fernand… Je ne vais plus rue Payenne.
—Que dis-tu? fit Fernand étonné.
—Monsieur Fernand, là-bas, j'aimais mon maître… c'est pour lui que j'y restais. Mon maître est mort… Adieu… Je ne veux plus revoir cette maison-là… La maison maudite…
—Mais tu n'es pas raisonnable… La douleur t'égare…
—Adieu, je vous dis… Demain je serai à Brest et dans trois jours en mer… Qui sait, nous nous reverrons peut-être un jour… Adieu…
Fernand allait insister, mais le matelot était déjà loin. Il réfléchit une longue minute, puis, ayant passé son mouchoir sur sa figure et, chose singulière, ayant enlevé par ce mouvement et les larmes et l'air désolé répandu sur son visage, il sourit et dit entre ses dents: