—-Ne dis pas ça, vieux coquin! râlait Simon en lui serrant le bras à le faire éclater, ne dis pas ça…

Et le fidèle matelot devenait livide. Au contraire, Rig grimaçait un sourire. La cérémonie religieuse fut courte; cependant on arriva au cimetière à l'heure où le jour commençait à baisser. La famille Davenne avait un caveau grand comme une chapelle, le corps y fut placé.

Alors une scène déchirante se passa. Geneviève était descendue de voiture à la porte du cimetière; lorsque les employés enlevèrent le cercueil pour le porter dans le caveau, la malheureuse femme se précipita, et l'embrassant en tombant à genoux, laissant éclater ses sanglots, elle s'écria:

—Grâce! mon Pierre, grâce!… Non! non! ce n'est pas vrai, ce n'est pas moi qui suis cause de ta mort!… Pierre, pardon!… Toute ma vie, je le jure, je l'emploierai à racheter la faute! Pierre, grâce!… Pierre!…

On juge de la stupéfaction des assistants. Fernand, livide, mordait ses lèvres, se contraignait pour ne point se précipiter sur elle et éteindre dans sa gorge les aveux que le remords lui dictait. Se domptant et maître de lui, il dit à l'un des assistants:

—La pauvre sainte femme, ce malheur la rend folle. Aidez-moi, nous allons l'arracher à ce triste spectacle et la reconduire à sa voiture.

Cela sembla si naturel, si vrai, que deux ou trois hommes aidèrent Fernand. On enleva presque la malheureuse et on la porta jusqu'à sa voiture, malgré ses cris:

—Laissez-moi… laissez-moi… Mon Pierre, adieu… Adieu, pardon, grâce…

Et elle perdit connaissance.

Le corps était dans le caveau, les assistants, douloureusement émus, se retiraient après avoir pressé la main de Fernand, qui représentait la famille, et après lui avoir dit quelques paroles de consolation, tant il semblait désolé. Les gens partaient en pensant: