Le matelot s'avança tête nue, et, embarrassé, balbutiant, il répondit:

—Je voulais me dormir…; mais ça ne s'est pas pu… Il y a des affaires… et il faut finir ça.

L'incohérence de ce langage fit lever la tête à Pierre, qui, regardant fixement son matelot, s'aperçut aussitôt du bouleversement de ses traits, de son allure singulière, de son embarras, et cependant de sa volonté d'agir, car, au premier mot d'impatience de son lieutenant, le matelot Simon s'éclipsait ordinairement.

Pierre, les sourcils froncés, le regard perçant, demanda au matelot:

—Qu'est-ce qu'il y a, Simon?… Que veux-tu dire?

—Je veux dire… je veux dire… Et puis ça m'ennuie, parce que vous allez dire non, et cependant il n'y a pas, là… tonnerre de Brest! il faut en finir…

Pierre avait repoussé son livre, il regardait son matelot avec inquiétude, se demandant s'il n'était pas fou.

Simon, semblant faire un effort, prenant un brusque parti, s'écria:

—Il faut en finir, quoi! Il y a quelqu'un qui vous demande, qui veut vous voir… Et il n'y a pas à dire non! il faut…

L'allure, le langage du matelot déplaisaient à Pierre, il allait s'impatienter; il demanda sévèrement: